Projets de recherche Clown thérapeutique et impact sur la santé des enfants, des parents et du personnel de la santé

Clown thérapeutique et impact sur la santé des enfants, des parents et du personnel de la santé

|
Lise Renaud, professeure émérite, avec la psychiatre retraitée Anne-Marie Ponton

Ce projet de recherche-intervention a été réalisé au Centre de chirurgie d’un jour de l’Hôpital du Suroît (Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Ouest) ainsi qu’à la Clinique de vaccination du CLSC de Valleyfield. Il visait à évaluer les effets du clown thérapeutique en contextes préopératoire et de vaccination chez les enfants et leurs parents. Au total, les clowns Lili et Zazou (Lise Renaud et Anne Marie Ponton) ont rencontré 300 enfants de septembre 2022 à juin 2023.

Il existe plusieurs techniques pour distraire un enfant d’une situation anxiogène ou d’un acte douloureux, dont celle du clown thérapeutique, laquelle a été démontrée comme étant efficace en contexte préopératoire, surtout dans le cas de l’accueil du bloc ou à l’entrée en salle d’opération ou encore lors de la vaccination.

Le clown thérapeutique a pour objectif :

  • D’aller à la rencontre des enfants et des parents en leur apportant un moment hors du temps
  • D’assister les enfants et les parents dans le processus d’intervention médicale
  • De les distraire de procédures douloureuses
  • De réduire l’anxiété amenée par la visite en centre hospitalier
  • D’améliorer l’humeur des enfants et des parents

En contexte opératoire, la prévalence de l’anxiété chez les enfants varie de 40 à 60 % selon les études. Il existerait un continuum entre l’anxiété préopératoire, l’agitation au réveil et les troubles du comportement postopératoires. Les enfants extrêmement anxieux à l’induction ont un risque multiplié par 3,5 de développer des troubles du comportement postopératoires (Kain et al., 1999). Des études ont démontré qu’un niveau d’anxiété préopératoire élevé est corrélé avec une augmentation de la durée de l’induction anesthésique, des scores de douleur postopératoire plus élevés, une consommation d’antalgiques majorée et un risque accru de confusion/agitation postopératoire (Bourdaud, 2018; Chen et al., 2022).

Le clown, en situation préopératoire, s’avère efficace comme moyen de distraction pour diminuer les scores d’anxiété des enfants et ceux des parents. Pour cela, le personnel soignant de l’Hôpital du Suroît fait place aux clowns au sein de son bloc opératoire. Il permet aux clowns de reconduire l’enfant jusqu’au sas d’entrée du bloc. Parfois, le ou la chirurgienne ou l’anesthésiste jouent même avec l’enfant et le clown, ce qui détend l’atmosphère. Une étude italienne menée en 2005 était d’ailleurs formelle sur ce point : l’ouverture du personnel soignant à l’accompagnement du clown produit un effet positif indéniable, tandis que sa réticence ou son manque de collaboration produit l’effet inverse.

En contexte de vaccination, une étude québécoise (Laforce, 2018) à devis expérimental a montré qu’autant la douleur que l’anxiété étaient inférieures chez les enfants en présence du clown thérapeutique. Les effets étaient également positifs chez les parents et le personnel infirmier. Plusieurs études liées aux injections abondent dans le même sens. La distraction par le clown thérapeutique est une intervention qui peut diminuer la douleur et l’anxiété d’enfants ainsi que l’anxiété de leurs parents lors de procédures douloureuses impliquant des aiguilles, comme des tests d’allergies, des prises de sang, des installations d’un cathéter intraveineux ou des injections. De même, lors de la procédure opératoire, moins de doses d’anesthésie étaient nécessaires.

De façon générale, le projet Clown thérapeutique et impact sur la santé des enfants, des parents et des professionnels de la santé a lui aussi permis de montrer que la présence du clown diminue la douleur et l’anxiété chez les enfants, de même que le stress de leurs parents. La présence d’un clown thérapeutique aide en outre les professionnelles et professionnels de la santé dans leurs interventions.

Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Ouest (CIUSMM), avec le soutien de la Fondation de l’Hôpital du Surcroît, 2022-2023